05 juillet 2009

LION DES CAVERNES ET LION D’ASIE, DEUX VISITEURS DISPARUS DES LATITUDES TEMPEREES

Annick Schnitzler, professeur à l’Université Paul Verlaine de Metz, est connue pour ses travaux d’écologie forestière. Mais elle intègre dans ses recherches la paléo-écologie qui donne une dimension plus large à la compréhension de la biodiversité en Europe.
 La présence du Lion des cavernes est attestée à Païolive, à l’Abri des Pêcheurs. Non loin de là, la grotte Chauvet est célèbre pour ses lions. Le lion des cavernes, gigantesque carnivore dépourvu de crinière est  issu d’une population archaique de lions africains. Il a quitté ce continent au cours de périodes interglaciaires du Pléistocène il y a environ 600 000 ans. Il a occupé une grande partie de l’Eurasie jusqu’en Béringie et en Amérique du Nord, avant de s’éteindre il y a 11000 – 12 000 ans sur toute l’étendue de son aire. Entretemps, une deuxième lignée dite moderne sortait également d’Afrique, entre 200 000 et 75 000 ans. Cette lignée a donné deux autres lions : le lion d’Asie et le lion de l’Atlas. Aucun lien génétique n’a pu être trouvé entre ces deux lions et le lion des cavernes des périodes quaternaires. Le lion d’Asie a occupé les forêts, steppes et déserts du bassin méditerranéen, du Moyen Orient, et ce jusqu’à l’Inde, tandis que le lion de l’Atlas est resté cantonné au Maghreb.
Cette conférence est l’occasion de nous pencher sur l’histoire naturelle de ces lions qui ont hanté l’Europe et l’Eurasie durant près de 600 000 ans.  Bien des points communs peuvent être trouvés entre lions pléistocènes et holocènes, tant au niveau écologique que leurs relations avec l’homme. Les lions des latitudes tempérées ont en effet profondément marqué l’humanité s’intègrant en force dans les arts et les mythes des civilisations successives depuis les temps lointains du Paléolithique..
Assimilé aux mythes de la chasse, au cosmos et à la création du monde, dieu ou attribut de dieux, gardien des temples, des tombeaux, des fontaines, symbole de puissance et de courage, de cruauté, de justice ou des forces du mal : le lion est tout cela, et avec lui, les animaux fabuleux qui lui empruntent des parties de corps. Ces images persistent encore, dépourvues de leurs sens premiers dans l’art, la littérature, les publicités, les logos ou les expressions du langage quotidien.

Organisé avec le soutien du Conseil général de l’Ardèche
Au centre d’accueil des Vans à 20 h 30.

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24 mars 2009

« Pourquoi les plantes ont-elles des fleurs ? »

Jeudi 2 avril aux Vans

Conférence de Bernard Thiébaud : " Pourquoi les plantes ont-elles des fleurs ? "

Bernard Thiébaut nous a déjà fait partager ses réflexions sur les arbres et leur croissance. Dans le même esprit il propose, pour inaugurer notre saison d’activités, de répondre à une question simple : à quoi sert une fleur? Une fleur et son fonctionnement, à la fois merveilleux et complexe, représentent un mode de reproduction sexuelle très différent de celui que la vie animale a mise en place. Et la sexualité des plantes peut même étonner les humains que nous sommes ...
Au Centre d’accueil des Vans à 20 h 30.

Entrée gratuite. Renseignements : 06 76 22 23 19.

 

 

04 novembre 2008

rencontre réflexion sur l'oeuvre de Pierre RICHARD

 

Pierre Richard,

40 ans après

Pierre Richard en prospection dans le bois de Paiolive.jpg

Samedi 22 novembre

           14 heures

Centre d’Accueil des Vans       

 

Le 21 novembre 1968 décédait Pierre Richard. Quarante ans après,

et à la suite de la journée de commémoration familiale

le 15 août 2008 à Jalès, l’Association Païolive et La Viste

ont souhaité donner l’occasion d’une rencontre qui

permette une réflexion sur l’oeuvre de Pierre Richard,

explore son actualité et permette un débat. L’ensemble des

interventions et des débats donneront lieu ensuite à une

publication.

Programme des interventions

Actualité de Pierre Richard, précurseur de l'écologie

par Pierre Rabhi.

Pierre Richard a fait partie de ces consciences éclairées et

vigilantes qui ont tôt pressenti les dérives sociales,

écologiques, humaines que nous déplorons aujourd'hui.

Homme d'intuition et d'une pensée juste, il exerça en outre sa

profession médicale comme un sacerdoce. Je lui dois

beaucoup dans le choix écologique et humaniste qui constitue

mon engagement de vie et c'est à ce témoignage que je

voudrais m'attacher.

Aux origines d'un parc national en Cévennes : Pierre Richard

et les fondements humanistes de la protection de la nature

par Karine Basset, Historienne.

Pierre Richard fut l'un des pionniers qui, dès les années 1950,

mobilisèrent toute leur énergie pour que soit créé un vaste

espace protégé en Cévennes. Pour comprendre l'histoire de ce

mouvement militant pour un Parc National cévenol, il faut le

replacer dans le contexte économique et social d'un espace

montagnard en voie d'abandon, et des divers projets qui se

forment alors pour le « sauver ». L'idée d'un Parc culturel des

Cévennes, défendue par Pierre Richard et ses amis, réunis au

sein des « Amis des sources » puis de l'association Font Vive,

reposait sur le principe d'un lien essentiel, d'une symbiose à

recréer entre la nature et les hommes. Cette idée était

partagée par un courant intellectuel qui dépassait largement

les Cévennes et que l'on retrouve aux sources d'autres Parcs

naturels français. Mais pour que l'idée prenne corps et se matérialise,

 il a fallu, en Cévennes comme ailleurs, un effort conjoint

d'acteurs aux motivations différentes, parfois complémentaires

et parfois opposées. Qu'est-il demeuré, au final, de l'aspiration

humaniste des promoteurs d'un Parc culturel, dans l'institution

Parc national des Cévennes fondée en 1970 ?

Font Vive, un programme culturel pour les Cévennes

par Bernard Salques, Ethnologue.

Présentation de la revue Font Vive, de son contenu, de ses

auteurs et de son inscription dans le contexte culturel des années 1960.

Sujets de débats :

- Lecons et exemples de Pierre Richard pour l’écologie aujourd’hui ?

- La protection des Gras et de Païolive, une occasion manquée ?

- La vision de Pierre Richard et les réalités de 2008 en Basse-Ardèche.

Entrée libre

Renseignements : 06 76 22 23 19

Beaucoup reconnaissent à Païolive une présence, un mystère où se rend

perceptible un lien entre l’homme et l’ensemble du cosmos. Cette dimension,

poétique et sacrée, relève elle aussi de l’universel et comporte un appel à la

conscience. Il ne faut pas craindre de s’appuyer sur elle pour faire communiquer

divers niveaux de connaissance et renforcer les exigences éthiques..

A cet égard nous nous inscrivons dans l’héritage de Pierre Richard (1918-1968)

et de Jean Balazuc (1914-1994), comme dans celui des acteurs du mouvement

Font-Vive, ces hommes de science et de coeur, aimant profondément la Terre et

conscients des dangers que lui font courir les excès de la modernité.

 

15 septembre 2008

PLAIDOYER POUR L’ARBRE par FRANCIS HALLE

   
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Les arbres vivent avec des aliments partout présents et triviaux : eau, sels minéraux, gaz carbonique, énergie solaire. Le contraste est admirable entre cette sobriété et l'ampleur de leurs réalisations. Les plus grands êtres vivants et ceux qui vivent le plus longtemps sont des arbres. Leurs génomes présentent des particularités remarquables et encore mal connues. Le quart de siècle qui vient de s'écouler a été très riche en découvertes sur les arbres : nature unitaire ou coloniaire, immortalité potentielle et absence de programme de sénescence, variabilité génétique intra-couronne, communication à l'aide de molécules volatiles, influence du cycle lunaire, mémoire de la forme, impact de notre origine arboricole (éventuelle) sur l'anatomie humaine. Ces différents thèmes seront discutés et une projection finale enrichira notre conception collective de ce qu'est un arbre.

 

Le Professeur Francis Hallé, dont les travaux sont mondialement connus, est Botaniste. Il a initié les célèbres explorations de la canopée des forêts tropicales avec le " Radeau des Cîmes ". L’Association Païolive l’a invité pour qu’il aide à faire comprendre la richesse du patrimoine forestier de notre région des Vans.

 

Conférence organisée par l’Association Païolive dans le cadre de l’appel à projet lancé par Le Département de l’Ardèche pour ses Espaces Naturels Sensibles : Le vendredi 10 octobre aux Vans, Maison des Associations, à 20 h 30. Entrée Libre.

 

23 mai 2008

présentation des cahiers de Païolive

L’Association Païolive est heureuse de vous inviter

à la présentation d’un ouvrage sur Païolive,

nouvelle référence pour ce site.

Vendredi 13 juin  à 18 heures  aux Vans ,

à  la Maison  des  Associations

Présentation du numéro 1 des cahiers de Païolive

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numéro 1 des Cahiers de Païolive (256 pages, 32 planches couleur, trente articles) - Dédicaces des auteurs.

Renseignements : 06 76 22 23 19 - paiolive@free.fr - http://associationpaiolive.blogspirit.com

17 janvier 2008

De l'homme vers l'humanité : premiers pas en Ardèche...

DE L’HOMME VERS L’HUMANITE : PREMIERS PAS EN ARDECHE…

CONFERENCE DEBAT GRATUITE

« UNE REFLEXION SUR LES OGM POUR UNE METAMORPHOSE SOCIETALE »

Par Frédéric JACQUEMART

de la FRAPNA et du GIET

Mardi 22 Janvier 2008 à 20h00

Salle des Fêtes de VESSEAUX

(Centre village près de la mairie)

Renseignements : FRAPNA Ardèche 04 75 93 41 45

GIET 04 66 25 70 69

07 novembre 2007

MUSIQUE ET CHANTS D'OISEAUX par Jean C. Roché

 

Vendredi 16 novembre aux Vans

MUSIQUE ET CHANTS D’OISEAUX.

Par Jean C. Roché

 

Bioacousticien renommé, Jean C. Roché a parcouru la planète pendant 45 ans pour découvrir et enregistrer les plus beaux chants d'oiseaux du monde. Il vous en fera écouter une sélection illustrant leur grande proximité avec certaines musiques humaines. L'audition sera accompagnée de commentaires musicaux et de citations d'Olivier Messiaen, ami de l'auteur.

Cette audition, qui comportera une part d’improvisation, aura lieu au centre d’accueil des Vans, vendredi 16 novembre à 20 heures 30. Entrée gratuite.

Renseignements : association Païolive, 06 76 22 23 19.

Annexe :

Notes biographiques sur Jean C. Roché

Jean-Claude ROCHÉ est le fils unique d’Henri Pierre ROCHÉ, collectionneur d’art et écrivain, auteur entre autres romans de " JULES et JIM ".

 

Né le 11 Mai 1931 à Boulogne/Seine, Jean C. ROCHÉ a grandi à Meudon,

C’était alors un coin de campagne relativement sauvage. Il aimait la nature, constituait un herbier avec sa mère dès l’âge de 5 ans, et faisait collection de papillons vers 10 ans. Sa chambre était toujours remplie d'aquariums et de terrariums avec des élevages tritons, salamandres et autres grenouilles.

 

La guerre chasse la famille ROCHÉ vers le Sud de la France et elle s’installe pour plusieurs années à Dieulefit, dans la Drôme. Jean y découvre le monde fascinant des insectes de Provence, et en même temps que l’oeuvre de celui qui les a le mieux observés : le grand naturaliste J. H. FABRE. Il lit et relit ses " Souvenirs Entomologiques " pendant des années, en essayant de refaire les mêmes observations que lui sur le terrain.

 

Le fil conducteur de son adolescence sera son amitié avec Jean ROSTAND rencontré chaque mercredi soir au Club d’Echecs de Ville-d’Avray et à qui il va souvent rendre visite dans son laboratoire de biologie. Jean ROSTAND l’encourage ROCHÉ à aller sur le terrain, et à observer. En même temps il lui passe des commandes de crapauds et de grenouilles qui lui permettent d’acquérir son premier outil professionnel : une camera 16 mm Pathé-Webo avec laquelle il va réaliser ses premières images en Provence : des scènes de la vie des insectes décrites par FABRE. Ce film devait obtenir successivement 2 prix comme " meilleur film animalier français ".

 

Puis Jean se lance dans la macrophotographie et la photo animalière au téléobjectif, réalisant toute une série de diapositives sur les insectes, les batraciens et les oiseaux qu’il va montrer aux grands hebdomadaires parisiens.

PARIS-MATCH lui commande un article de 10 pages ainsi que REALITES.

Il s’achète ensuite un matériel de prise de son relativement portable (80 kilos quand même...) et se lance dans l’enregistrement des oiseaux en Camargue et en Provence au printemps 1957.

 

Il sort son premier disque microsillon "Oiseaux en Camargue" chez PACIFIC, il se vend à près de 10.000 exemplaires dans l’année et obtient le prix de l’Académie Charles Cros à l’unanimité du jury. Dans les années 60, il réalise et publie à compte d'auteur un " Guide Sonore " en 27 disques 45 tours sur les oiseaux de France, regroupés par famille, pour aider l’identification sur le terrain.

En 1984 Jean ROCHE crée la société d’édition SITTELLE, qui devient en quelques années le n° 1 européen dans le domaine des disques de chants d’oiseaux et autres voix animales. Il y publiera près de 80 CD, et incitera de jeunes auteurs à rejoindre SITTELLE pour y publier également leurs oeuvres.

 

Jean ROCHÉ crée le CEBA ou Centre d’Etudes Bioacoustiques Alpin en 1990.

Ce centre privé de " bioacoustique ", unique au monde, est équipé d’un studio son, d’une sonothèque et d’une bibliothèque. Le CEBA se consacre à la création d’ouvrages, et organise des expéditions à travers le monde pour enregistrer la faune sauvage. Le CEBA aide tous ceux, amateurs ou professionnels, qui souhaitent enregistrer les chants d'oiseaux, ou les ultrasons des sauterelles et des chauve-souris. Il développe des technologies nouvelles et des matériels spécifiques pour la prise de son sur le terrain, et les diffuse en France, Belgique et Suisse.

 

A partir de l’an 2000, tout en poursuivant son travail sur les chants d’oiseaux, comme le double CD " Drôles d’Oiseaux ", seul ouvrage au monde sur la musique des oiseaux, que l’on découvre par l’écoute au ralenti, Jean ROCHÉ revient aux amours de son adolescence, la photo. Mais ce nouveau travail va dans direction esthétique et abstraite, et n’a plus rien à voir avec la chasse photographique.

 

Son premier livre de photos " Transparences " est publié en octobre 2004, et bien accueil. Installé depuis peu en Ardèche, à Ribes, Jean ROCHÉ se consacre désormais à sa nouvelle passion : photographier les jeux de lumières entre le ciel et l’eau, le long des rivières proches de sa maison, Baume et Drobie.

17 octobre 2007

La génétique des populations : une clé pour comprendre l’évolution.

La génétique des populations : une clé pour comprendre l’évolution.

Conférence de Bernard Thiébaut, botaniste.

Quels sont les rapports entre la génétique et la protection de l’environnement ? La biodiversité est en fait appréhendée généralement à deux niveaux seulement : celui des espèces et celui des écosystèmes. La génétique permet d’accéder à la diversité la plus fondamentale, celle qui existe entre individus et qui est à la base de l’évolution et de l’émergence des diverses espèces. Dans l’avenir la biodiversité devra être appréciée à ces trois niveaux : les gènes, les espèces, les écosystèmes. Il n’est donc pas possible de se soucier de la protection d’un écosystème comme celui de Païolive sans prendre en compte la diversité génétique pour être en mesure d’estimer la viabilité des populations des diverses espèces qui y résident. Cela ouvre sur une perspective dynamique de la conservation où il ne s’agit pas seulement de préserver des espèces et des milieux tels qu’ils sont aujourd’hui mais de faire attention à leur capacité de maintenir par-dessus tout leur capacité à évoluer. La conférence donnera une ouverture sur cette dimension invisible de la nature et du vivant.

 

Vendredi 26 octobre à 20 heures 30 au centre d’accueil des Vans (maison des associations, salle du bas). Entrée libre. Renseignements : 06 76 22 23 19.

05 octobre 2007

Fête de la science

Trois intervenants pour la Fête de la Science aux Vans

Vendredi 12 octobre à 20 heures 30 au centre d’accueil des Vans

Les eaux karstiques, une ressource fragile. Moyens de contrôle et d’action au Pays des Vans

 

L’association Païolive a réalisé en 2005 et 2006 une étude de la qualité des eaux du Granzon dont les conclusions sont inquiétantes puisque ce cours d’eau offre une assez mauvaise qualité biologique, même dans la partie la plus sauvage de son cours. De telles situations pointent le danger particulier des milieux karstiques où les eaux usées ne sont pas filtrées et polluent facilement les cours d’eau. Dans ces conditions comment pourra être atteint le " bon état des eaux " que la France s’est engagée à réaliser en 2015 ?

Plusieurs aspects de ce problème, qui concerne non seulement le Granzon mais aussi le Salindre, le Bourdaric et le Chassezac, seront présentés par trois intervenants.

Maryse Aymes, géologue, expliquera la formation d’un karst calcaire et la circulation souterraine des eaux, ainsi que les moyens de contrôle physico-chimiques et bactériologiques. Ensuite Luc Bellemere, ingénieur agronome, fera découvrir la méthode qui permet d’évaluer la qualité biologique d’une eau par l’analyse des invertébrés qu’elle contient, permettant de calculer un " Indice Biologique Global Normalisé ". Enfin Anthony Laurent, technicien de rivière en collectivités locales, présentera les impératifs et les moyens de gestion disponibles actuellement.

D’autres questions seront aussi abordées : la pénurie d’eau, constatable à partir du nombre croissant de cours d’eau ou de résurgences asséchées ; les dangers que font courir aux milieux aquatiques les lâchers d’eau sur le Chassezac.

Entrée libre.

L’exposition Les rivières du bassin versant de l’Ardèche réalisée par le Syndicat Ardèche Claire sera présentée à l’entrée de la salle.

25 juillet 2007

Enjeux actuels du tricentenaire de Linné et de Buffon : connaissance et sauvegarde de la biodiversité

Conférence d’Henri-Pierre Aberlenc, Vendredi 3 août à 20 h 30, au centre d’accueil des Vans

 

Le monde célèbre en 2007 le tricentenaire de la naissance de Buffon et de Linné, deux grands naturalistes qui ont marqué de façon décisive l’histoire des sciences de la vie. Si en apparence tout opposait ces deux génies, Linné le classificateur et Buffon le biologiste, le recul a montré que leurs approches étaient complémentaires. La classification des espèces n’est pas en effet une discipline arbitraire, austère, marginale et inutile, elle est à la fois le fondement et la synthèse de toute la connaissance du vivant.

La classification linnéenne, toujours en usage, sans cesse enrichie et améliorée depuis plus de 250 ans, permet de nommer, donc de connaître, les diverses espèces vivantes. Linné s’est vu reprocher le caractère artificiel de sa classification. Pourtant il s’est avéré que par l’emploi de critères différents, l’on pouvait parvenir à des résultats très proches voire identiques, induisant l’idée qu’il existerait une classification naturelle et non arbitraire. Il est remarquable que Linné, pourtant fixiste, ait élaboré une classification qui s’est révélée parfaitement adaptable à une compréhension évolutionniste de la Vie. D’où l’idée d’une classification " naturelle " que reprendront Darwin et ses continuateurs : la classification, pour être " naturelle ", doit traduire l’évolution et les relations de parenté entre les espèces.

Aujourd’hui, la cladistique est la méthode la plus employée par les systématiciens pour classer les espèces. Le but est de mettre en évidence les groupes monophylétiques, c’est-à-dire réunissant un ancêtre et l’ensemble de ses descendants. Savez-vous qu’il n’y a plus de " reptiles ", plus de " poissons ", plus d’" algues ", mieux encore, qu’il n’y a plus de  " règne animal ", ni de " règne végétal ", ni de  " champignons ", car il s’est avéré à la lumière de l’analyse cladistique que ce sont des regroupements arbitraires d’espèces n’ayant pas toutes les mêmes ancêtres ? Nommer les espèces et connaître leur comportement : l’entreprise de Linné et de Buffon est plus que jamais d’actualité ! Henri-Pierre Aberlenc, entomologiste au CIRAD, fera le point sur ces nouvelles méthodes et montrera que la systématique, la science de la classification, est au carrefour de toutes les branches de la biologie. Elle détermine toute entreprise de sauvegarde de la biodiversité qui sans elle ne serait qu’un slogan.

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